À mi-parcours de la saison 2026, l'organisation du circuit Premier Padel tourne enfin sans accroc. Mais sur les courts, le contraste est saisissant : un duopole implacable chez les hommes, et un chaos total, riche en rebondissements, chez les femmes.
Premier Padel respire enfin
Luis Alonso-Lasheras, la plume derrière El Pádel es Así, un espace connu pour son regard décalé et souvent ironique sur l'actualité du padel amateur comme professionnel, a livré son bilan de cette première moitié de saison 2026. Son constat est sans détour : c'est, pour l'instant, la première année vraiment tranquille de l'ère Premier Padel. Tout roule, ou presque, sur le plan organisationnel.
Un bémol tout de même avant de se réjouir : cette stabilité côté coulisses ne dit rien de ce qui se passe sur le terrain. Et là, les deux tableaux masculin et féminin racontent deux histoires radicalement opposées.
Chez les hommes, un duopole qui écrase tout
Impossible de contester la première place du classement masculin. Arturo Coello, surnommé le rouleau compresseur de Mojados, et Agustín Tapia, le génie de Catamarca, continuent de dominer sans partage. Sur les quinze tournois disputés cette saison, la même finale s'est répétée à onze reprises. Dans quatre des tournois restants, l'une des deux paires phares était encore présente en finale.
Un seul tournoi a échappé à cette mainmise : la victoire de Juan Lebrón et Leo Augsburger à Bordeaux, seule fausse note dans un tableau par ailleurs verrouillé.
Face à Coello-Tapia, souvent surnommés les Golden Boys, se dresse la paire Alejandro Galán et Franco Chingotto, rebaptisée Chingalán. L'égalité entre les deux duos est quasi parfaite, chaque confrontation se jouant sur des détails infimes. Mais des séries de domination alternée rythment la saison : cinq victoires consécutives pour les challengers à un moment, puis six d'affilée désormais pour Agus et Arturo.
Le circuit est enfin stable, les classements eux, ne le sont toujours pas.
Lebrón-Augsburger, un pari qui reste fragile
Parmi les nouveautés marquantes de ce début de saison, l'association Lebrón-Augsburger fait forte impression sportivement. Mais le tempérament de Juan Lebrón continue de faire planer une part d'incertitude sur ce projet. En face, Leo Augsburger avance avec une patience à toute épreuve et une lucidité qui tranche avec son jeune âge.
Les deux joueurs savent qu'ils n'ont pas meilleure option ailleurs pour l'instant. Mais l'histoire récente rappelle que Galán, lui non plus, ne pensait pas avoir de meilleure option avant de tout changer. Un avertissement à garder en tête pour la suite de la saison.
Chez les femmes, tout peut encore basculer
Le tableau féminin, lui, tient plutôt du grand chaos jubilatoire. Delfina Brea et Gemma Triay ont pratiquement assuré leur deuxième année consécutive au sommet, mais trois autres paires sont désormais en mesure de gagner n'importe quel tournoi. Dans le duel direct, Bea Gonzalez et Paula Josemaria ont d'abord pris plus de risques, avant qu'une concurrence plus éclatée ne favorise finalement leur échappée.
Après avoir douté, elles ont fini par écraser la concurrence en apprenant à mieux se répartir l'effort, décrochant cinq trophées consécutifs. Une paire à part, joyeuse, explosive et totalement imprévisible.
Trois nouvelles associations féminines ont également relancé l'intérêt de la saison : les tournois sont devenus moins prévisibles, avec cinq paires différentes victorieuses d'au moins un titre. Andrea Ustero et Ari Sánchez ont brillé par éclairs malgré une certaine irrégularité. Pour Andrea, cette première année dans l'élite absolue a un coût, et le défi consiste à rester au sommet physiquement et mentalement sur la durée. Ari, elle, a fait un choix fort et devra s'armer de patience, cette association restant sa meilleure option d'avenir.
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