À une semaine du Mondial de Doha (2 au 7 novembre), Santiago Brito, président de l'Association de Pádel Argentin, juge que des risques totalement inutiles sont pris. L'Argentine, tenante du titre, fera pourtant le voyage après avoir consulté ses joueurs et son staff.
Un Mondial sous haute tension
Le Mondial de padel au Qatar se jouera du 2 au 7 novembre, mais l'ambiance est loin d'être sereine. Le conflit armé qui secoue le Moyen-Orient pèse sur la compétition, et des doutes sur le choix de la sede ont émergé ces dernières semaines.
L'Argentine arrive à Doha avec son statut de championne en titre à défendre. Le voyage de la délégation suscite néanmoins de vraies inquiétudes, notamment en cas de nouvelle fermeture de l'espace aérien ou des frontières.
Santiago Brito, né à Tigre en 1987 et à la tête de l'Association de Pádel Argentin (APA) depuis 2021, a détaillé sa position dans un long entretien.
Une décision prise avec le groupe
Brito reconnaît que Doha ne fait pas partie des zones directement touchées. Il rappelle toutefois que la ville se trouve très près du principal foyer du conflit, ce qui augmente mécaniquement la possibilité d'un incident. Et, comme cela s'est déjà vu, d'une nouvelle fermeture de l'espace aérien.
L'APA a échangé avec la FIP et avec les autorités locales, qui assurent qu'il n'existe aucun danger. L'association a ensuite posé la question aux joueurs, aux techniciens et à l'ensemble de la délégation : voulaient-ils assumer ce risque ? Leur réponse a été de partir jouer le Mondial.
Championne du monde en titre, l'Argentine part à Doha avec le titre à défendre et une grosse inquiétude dans la valise.
Ce qui inquiète vraiment Brito
Même si la décision est prise, le président argentin ne cache pas son désaccord. Pour lui, le Mondial a été confirmé dans ces conditions sans que l'on mesure assez les conséquences possibles. Il parle de risques totalement inutiles.
Il s'appuie sur ce qui s'est passé plus tôt dans l'année, avec la suspension du Major de Qatar. Certains joueurs, dont Garrido, avaient alors dû quitter la région en voiture pour rejoindre d'autres tournois du Premier Padel.
Brito insiste sur plusieurs points :
- le risque pour la vie des personnes sur place ;
- le risque pour la réputation ;
- la question des coûts si les frontières fermaient et que les 27 membres de la délégation argentine restaient bloqués : qui paierait ?
- la durée pendant laquelle une prise en charge serait garantie avant de pouvoir repartir.
Et le sportif dans tout ça ?
L'entretien ne s'arrête pas à la sécurité. Brito y aborde aussi les chances de l'Albiceleste face à l'Espagne et le renouvellement générationnel de la sélection.
Il évoque encore l'avenir du padel en Argentine, la possibilité d'accueillir davantage d'épreuves du Premier Padel et le rêve olympique. Rendez-vous dans une semaine à Doha pour voir si l'Argentine parvient à garder sa couronne.
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